J’ai remis à l’honneur le zaï pour faire germer les graines en plein desert

Yacouba Sawadogo a redécouvert les vertus d’une approche ancestrale appelée “zaï” ou cordon pierreux. La technique consiste à dresser de petites barrières rocailleuses afin de freiner le ruissellement de l’eau, ce qui permet à cette dernière de s’infiltrer dans le sol, et à la terre de ne pas glisser en aval. Des trous assortis d’engrais sont ensuite creusés près des pierres. La plante, mieux alimentée, peut ainsi pousser même en saison sèche et sur n’importe quel sol.  Ce paysan burkinabé a réussi à créer une forêt de près de 40 hectares sur des terres autrefois stériles et abandonnées. Aujourd’hui, il possède plus de 60 espèces d’arbres et d’arbustes dans l’une des forêts les plus diverses, plantée et gérée par un agriculteur du Sahel.

J’ai inventé un savon et une pommade pour combattre le paludisme

Un enfant meurt du paludisme toute les 2 minutes dans le monde. Pour lutter contre ce fléau, Gérard Niyondiko et Moctar Dembélé développent en 2013 au Burkina Faso, un savon anti-moustique longue durée, appelé “Faso Soap”. Au-delà de la prouesse scientifique, le génie du produit réside dans le fait qu’il s’intègre à un geste quotidien à tout âge. Quatre ans plus tard, apprenant que 80% des enfants africains de moins de 5 ans sont “pommadés” chaque soir, l’équipe de scientifiques développe “Maïa”, une pommade hydratante anti-moustique dont l’impact est encore plus important, à moindre coût. Une invention issue des ressources naturelles locales qui attire les consommateurs et repousse les moustiques !

Je fais des chenilles de karité une alternative durable à la viande et au poisson

La consommation de chenilles des arbres à karité est inscrite dans les mœurs des Burkinabé et plus largement en Afrique de l’Ouest depuis la nuit des temps, mais seulement là où ces arbres sont présentes en quantité. Kahitouo Hien, ayant découvert pendant ses études tout le potentiel nutritionnel niché dans ce petit insecte, a entrepris d’étendre et de disséminer la consommation de ces chenilles, sources durables de protéines, dans toute la sous-région. Un vaste chantier qui porte déjà ses fruits!