Les pionniers

Ça bouge chez les viticulteurs !

29 octobre 2013
Vous avez sûrement entendu parler d’Emmanuel Giboulot, ce viticulteur bio qui comparaissait devant le tribunal correctionnel de Beaune ce lundi 24 Février. Etrange ressemblance avec notre pionnier Olivier Cousin qui donne lieu à une petite réflexion...
Prendre soin de soi Mots-clés : Alimentation saine, Agriculture durable

En Juin 2013, Emmanuel et tous les autres viticulteurs de la Côte d’Or  reçoivent un arrêté préfectoral mentionnant l’obligation de traiter les vignes avec un insecticide, une mesure de prévention contre la flavescence dorée qui a ravagé 12 hectares de vignes en Saône et Loire. 

 Emmanuel, dont la famille cultive bio depuis les années 70, a tout simplement refusé de traiter ses vignes: il n’y avait eu en effet aucune déclaration de la maladie dans la région.

 Ni une ni deux, le tribunal correctionnel le convoque. En quelques semaines, Emmanuel arrive à récolter via les réseaux sociaux plus de 400,000 signatures qu’on ne compte plus- les compteurs ont dû être arrêtés faute de surchauffe du site ! 

Lundi, c’était près de 1000 personnes qui étaient réunies devant le tribunal de Dijon pour apporter soutien au viticulteur qui risquait 30 000 euros d’amende et 6 ans de prison ferme. Finalement, Emmanuel s’en sort avec 1000 euros d’amende, une peine vue surtout comme symbolique.

 L’histoire d’Emmanuel n’est pas isolée et il semble que bon nombre d’agriculteurs se trouvent dans une situation similaire.  Souvenons-nous de notre pionnier Olivier Cousin (voir l’article du 02/2013, Anjou Olivier Cousin: l’autre AOC)  qui s’est vu interdire l’appellation vin d’Anjou, réservé aux labels AOC. 

[affiche_3262.jpg] 

Olivier avait éveillé les soupçons de la fédération  AOC avec ses techniques de viticulture ancestrales: aux machines modernes, Olivier préfère les chevaux de trait. 

En 1995, c’est la même fédération  qui le prie de retirer l’appellation de ses étiquettes, avant de l’attaquer en justice en Octobre dernier. A ce jour, on ne connait toujours pas l’issue du procès.

En tout cas, une chose est sûre, c’est que le poids de l’administration semble prendre le pas sur la qualité du vin. Sachant la difficulté qu’ont les viticulteurs français face à une concurrence internationale de plus en plus acharnée, on est en droit de demander la pertinence de telles procédures. 

Après tout, le plus important c’est que le vin soit bon et sain !