Les pionniers

“La nécessité est la mère de l’innovation”

06 septembre 2013
Entre les théories de Malthus, les médias affolants et les politiques de contrôle des naissance, on ne sait plus trop quoi penser de ces quelques 7 milliards d'habitants sur la planète...
Prendre soin de soi

 

« Onze milliards d’habitants sur la planète en 2100 »[1] : ce sont les prévisions démographiques revues à la hausse du dernier rapport de l’ONU.  Des estimations qui vont donc à l’inverse de l’évolution annoncée quant au tassement démographique. Les pays les plus touchés par l’accroissement de la population seront sans nul doute les pays africains, qui seraient ainsi concernés par la moitié de la croissance de population mondiale. 

 

Comment nourrir et approvisionner 11 milliards d’êtres humains ?

Nous serions ainsi 8,1 milliards d’ici 2025, 9,6 milliards en 2050, et pas moins de 10,9 à la fin du XXIème siècle. Dès lors, serons-nous en mesure de nourrir et d’approvisionner les peuples en énergies, en eau et en matières premières ?  Les théories malthusiennes n’ont jamais été autant d’actualité[2] et nos technocrates réfléchissent ainsi à des politiques visant le contrôle des natalités. Un haut fonctionnaire des Nations Unies énonce le déploiement des politiques prévues : « Notre travail est loin d’être terminé (…) Nous allons intensifier nos efforts et nos investissements dans ces pays (les pays africains, NLDR). Nous savons comment faire, nous le faisons depuis maintenant quarante ans ». Doit-on penser l’accroissement de la population comme quelque chose à freiner, ou au contraire, doit-on la considérer et l’intégrer pour changer nos méthodes de production et de consommation ?

Les techniques actuelles n’apparaissent pas viables pour les défis démographiques et écologiques de demain. Il est donc critique de repenser notre système d’alimentation et nos consommations d’énergie, de pétrole, de gaz et de technologies.  Comme l’économiste danoise Esther Boserup l’écrit, « la nécessité est la mère de l’innovation ». Autrement dit, la société adapte ses techniques de production en fonction des besoins de sa population et de son contexte sociodémographique. Elle contrecarre ainsi la prédiction de Malthus en plaçant l’ingénierie humaine au cœur de la production : Malthus en aurait-il oublié la force ? Que la face du monde change, notre rapport production/consommation changera aussi, et ce quelque soit le nombre d’habitants sur la Terre.  

 



[1] Pour aller plus loin, voir l’article ‘Onze milliards d’habitants sur la planète en 2100’, Le Monde, 27 Juillet 2013

[2] Thomas Malthus, économiste anglais du XIXème, prédisait mathématiquement une pénurie alimentaire. Il préconisait ainsi des politiques de contrôles des natalités, sur lesquelles se sont appuyés plusieurs états de l’Asie du Sud Est.