On en parle

Carnet de voyage d’une étudiante de Promising, par Shamengo…

17 avril 2014
Laure est partie en Inde la semaine dernière rejoindre l'un de nos pionniers pour effectuer un stage de quatre mois. Voici le récit de son premier jour, pour le moins riche en émotions et en couleurs... La suite très vite !
Prendre soin de soi

JOUR 1 :

Il est 3H45, nous sommes lundi 14 avril 2014 et me voilà enfin sur les terres hindouistes, à l’aéroport d’Ahmedabad. Il faut compter trois heures supplémentaires pour arriver jusqu’à ma destination finale.

Au cours du trajet, je réalise pour la première fois de ma vie ce qu’est un pays pauvre. Je vois une foule de personnes, de tous types, de tous âges, arborant des tenues fluides et colorées, marcher au bord de cette route qui m’apparaît être sans fin. Certains sont équipés de petites charrettes multicolores dont les enceintes diffusent de drôles de musiques : cette charrette, on l’appelle la Maison des dieux…

Il est 8h du matin, et nous arrivons dans un petit village où les routes en béton n’existent plus. Le hameau me fait penser aux petits villages de l’Atlas marocain et les maisons sont similaires à celles que l’on trouve dans les pays Magrébins : le sol n’est que poussière et terre… Il y a beaucoup d’enfants.

La famille m’attend sur le pas de la porte : il y a Mansukh et  sa femme Hiraben, Radja, son frère Ravi et sa fiancée, Radha. Cette famille est très accueillante et me met tout de suite à l’aise. Ils m’offrent un café fait à base de lait, de miel et de sucre tandis que nous discutons brièvement de mon voyage .

Je réalise alors l’étendue du changement culturel qui s’impose à moi. La fatigue étant à son apogée, je ne trouve plus les mots pour m’exprimer et répondre aux multiples questions de la famille. Ils me proposent de me reposer quelques heures. Je me dirige vers la chambre : un tapis sur le sol, recouvert d’ une fine tenture indienne, il s’agit de mon lit. Les toilettes ne sont pas équipées de papier et la chasse d’eau est étrange, la douche a été une dure réalité : un seau, une arrivée d’eau et un pot pour se rincer. La chaleur est à son comble, autour des 40 degrés.

L’immense hospitalité de cette famille a fait que ce choc culturel est quasi parti en l’espace d’une journée (résolution de différents problèmes comme la connexion internet, le téléphone, achat d’une carte sim).  Ce que j’apprécie le plus ici ce sont les relations humaines, je découvre des instants simples d’une journée et j’apprends à les apprécier comme nous devrions le faire en France. Bien évidemment, il est inutile de préciser que le dépaysement a été relativement intense et violent pour moi et n’a pas entièrement disparu.  Je n’ai pas pu profiter pleinement de mon premier repas car l’anxiété, le stress et la chaleur me coupaient la faim. L’après-midi, Radja (le seul à parler anglais avec Radha) m’a fait visiter les locaux de l’entreprise : de nombreux employés travaillent ici.

C’est à ce moment que je découvre précisément les missions que nous devrons réaliser avec Isahora (qui me rejoindra  dans quelques jours). L’une s’occupera du design du produit, et l’autre  d’optimiser les méthodes de conditionnement pour éviter la casse lors des transports (exportations). Ensuite, nous nous sommes promenés dans la ville en voiture avec Hiraben, Radha, Radja. Nous sommes allés rendre visite à une dame qui nous a offert de quoi nous rafraichir : de l’eau à base de rose… Délicieux !

A la fin de cette journée, me voila éreintée, épuisée, étonnée et je dirais même agréablement surprise. Hiraben m’offre un collier, des bracelets ainsi qu’un vernis à ongles, je l’en remercie de nombreuses fois.  Le repas du soir était composé de pizzas et de sandwichs épicés et d’un plat gentiment préparé par les deux femmes : khichdi, ringna batata (pommes de terres et bengel).J’apprends alors que la famille est végétarienne et que les hommes ne mangeront que des fruits durant 16 jours (comme le veut la tradition hindouiste). Demain je dois me réveiller aux alentours de 7H30 car les filles souhaitent me faire revêtir le traditionnel indien habiller pour ensuite aller pique-niquer à une heure d’ici… J’ai hâte !